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Dossier IKEA : La Une

Par IUT :: 14/11/2006 à 0:22 :: IKEA

 

L’édito

 

 

Un projet en kit

Depuis deux ans, IKEA veut s'implanter à Mougins, sur la Zone d'Aménagement Concertée de Saint-Martin. L'entreprise suédoise compte dix-neuf magasins en France. Pourquoi a-t-elle donc tant de mal à s'installer sur le territoire azuréen ? En raison de problèmes d'urbanisme et d'environnement. Sur fond de polémique, c'est un véritable combat politique que mènent André Aschieri (Verts), maire de Mouans-Sartoux et Richard Galy (UMP), maire de Mougins.

Le mouansois redoute une asphyxie due à la pollution provoquée par la circulation.

Le mouginois, lui, souhaite aménager cette implantation en alliant respect de l'environnement et retombées économiques. Car celles-ci occupent une place importante dans ce projet. Celui-ci, lourd de conséquences pour les artisans, provoque aussi des sueurs froides chez ses concurrents directs. Richard Galy, lui, reste serein. L'enseigne jaune et bleu devrait pouvoir accueillir ses premiers clients d'ici 2009. Un projet qui, s'il aboutit, aura été livré en kit.

JEROME GUEDJ

 


 

 

Horizon 2009

Surface : IKEA sera implanté dans un centre commercial de 40 000 m². La surface qui lui est octroyée est de 17 000 m², les 23 000 m² restants sont réservés pour d'autres commerces.

2 millions : nombre annuel de clients attendus sur le site.

Circulation : en moyenne 10 000 véhicules par jour.

2500 : nombre de places de parkings supplémentaires prévues .

Emploi : l'entreprise suédoise compte créer 500 emplois.

2009 : date prévue de l'ouverture du centre commercial. Le dossier technique, contesté depuis deux ans, devrait être bouclé cette année.

 J . G.

 


 

Le billet

 

A chaque coin de rue

Avec deux-cents magasins dans le monde, voici la déferlante IKEA. Un succès qui s'explique par la couverture médiatique du géant de l'aménagement : incontournable dans les émissions de décoration- relooking, les jeux de téléréalité et même les films ! Oubliés les Fly, Conforama et autre Casa.

Chez IKEA, le choix est complet et la diversité permet une décoration design à un moindre coût. La société prêche, enfin, sa bonne parole à coups de pubs électorales : « Pour une France dynamique, votez IKEA. »

Mais à Mougins, la tempête bat son plein. Le Sud-est compte déjà six magasins sur dix-neuf en France. Et le projet n'en est qu'à ses prémices : la firme intimiste et familiale s'est fixée pour objectif l'ouverture de deux structures par an. Qu'on se rassure donc, bientôt l'emplacement ne sera plus un dilemme : IKEA sera là à chaque coin de rue.

LOUISE TEMPIER

 


 

- Meltin’Post HEBDO -

réalisé par les étudiants en 2e années de l’IUT Journalisme de Cannes

Directeur de publication : Jacques Araszkiewiez

Rédacteurs en chef : Didier Chalumeau & Nicolas Pélissier

Dossier IKEA : Zoom sur la firme

Par IUT :: 14/11/2006 à 0:13 :: IKEA

 

La marque aux deux visages

 

 

Derrière une firme performante, une organisation opaque

 

 

Le projet de Mougins fait partie de la stratégie d'expansion de la firme suédoise.

 

« IKEA souhaite devenir le numéro 1 du meuble en France. Cela passe par un accroissement du nombre des points de vente et l'inauguration de deux magasins par an. » Ce message, relayé sur le site Internet de l'entreprise, est limpide. IKEA a révolutionné les moeurs, habillé les intérieurs modestes par des produits design et pratiques, bon marché et quasi-jetables.

L’enseigne affirme lutter contre les mauvaises conditions de travail, l'exploitation des enfants et la déforestation. Mais derrière les apparences se cache une redoutable stratégie de la communication peu transparente.

« La France a le moral à zéro, les générations ne se comprennent plus. Il faut un lieu dans lequel les Français pourront se retrouver. Pour une France dynamique, réagissez : votez IKEA ! » Tout est dit. La nouvelle campagne publicitaire de l’enseigne propose plus que de simples produits de décoration : un “programme de vie, qui a été suivi par des millions de visiteurs.. Et pour faire patienter les orphelins d’IKEA - tout le monde n’a pas la chance d’en avoir un près de chez soi -la marque fait sa promo en distribuant vingt-mille catalogues. Ingvar Kamprad a compris très tôt, l’importance de la pub. La bible suédoise est née. Depuis 1951, le catalogue IKEA, diffusé dans le monde entier, offre à son entreprise une très forte visibilité.

Culture du secret

Ce groupe privé non côté en bourse assure son autofinancement. Il étale les chiffres, les documents, les dossiers de presse. Mais verrouille les informations qui le concernent. Chaque année son chiffre d’affaire est publié mais les profits ne sont pas communiqués. Personne ne connaît d'ailleurs l’heureux propriétaire de la firme. «Aujourd’hui le groupe IKEA appartient à la Stichting Ingka Fondation, une fondation caritative basée aux Pays-Bas. Une autre entreprise, Inter Ikea System, possède la propriété intellectuelle d’IKEA. Mais à qui appartient cette dernière ? »

«C’est la grande question », explique Stellan Björk, journaliste suédois auteur du livre, IKEA, la success-story de l’entreprise démontrant l’opacité d'IKEA et « l’importance des économies d’impôts ainsi obtenues ». Le journaliste, interviewé dans le quotidien britannique « The Guardian», présume qu’Inter Ikea System appartient à « diverses fondations et sociétés offshore. Ce qui permet à la famille Kamprad de tout contrôler ».

A tous les niveaux, la hiérarchie « partage les mêmes bureaux, la même salle de restaurant, le même parking voire une part égale du chiffres d’affaires généré lors du au passage à l’an 2000 », lit-on sur le dossier de presse publié sur le web. Les salariés affichent le même sens de l'humilité et ont la même culture du silence. Comme si, dans les « Dix commandements » inaugurés par le fondateur, tout employé prêtait serment d'abstinence verbale.

Conduite hypocrite ?

L'actualité ikéenne est dense : « Nous voulons évaluer l’application du volet social du code de conduite d’Ikea, baptisé Iway, notamment en Inde, au Bangladesh et au Vietnam », explique Jean-Marc Caudron, co-auteur de l'ouvrage Ikea un modèle à démonter (1). Son enquête a conclu que les conditions de travail sont correctes... mais que les salaires ne suffisent pas au minimum vital. « En Inde, les conditions de travail sont les meilleures du secteur, explique l’auteur. Les travailleurs sont payés deux mille cents roupies soit trente-sept euros par semaine . Ils vivent dans des maisons vides, sans eau courante, sans cuisine. Les normes de ce code de conduite ne font que suivre la législation. Ce système de responsabilité sociale est pernicieux. Il leur rapporte beaucoup en terme d’image de marque et ne leur coûte rien : tout est à la charge des fournisseurs. »

JOHANNA NEZRI

( 1 ) O . B a i l l y, D . L a m b e r t , J - M

C a u d r o n ( é d . L u c P i r e )

 

 


 

Un Suèdois à la conquête du monde

 

 

Depuis soixante ans, la marque jaune et bleue connaît le succès. Quel est lesecret de son

 

fondateur, Inkvar Kamprad, pour avoir aujourd'hui une place de choix sur le marché mondial de l'ameublement et de la décoration ? Tout commence en 1943 dans la région de Smäland, au Sud de la Suède. Inkvar Kamprad a dix-sept ans. Passionné de commerce, il fonde une entreprise, qu'il baptise IKEA. Ce nom est formé de ses initiales (I. K.) et de celles de la ferme et du village où il a grandi, Elmtaryd et Agunnaryd. La petite entreprise vend d'abord des allumettes, des montres... Kamprad les achète à des grossistes, puis les revend par correspondance. Il voit toujours plus grand et se concentre sur la vente de meubles, fabriqués par des artisans locaux. Quelques années plus tard, lui vient une idée révolutionnaire : concevoir des meubles conditionnés en paquets plats et montés par les clients eux-mêmes, ce qui permet d’importantes économies de transport et de stockage. Le roi des meubles en kit est né.

L’homme qui valait des milliards

Le premier magasin IKEA ouvre ses portes en Suède, et rencontre un succès inédit. Les recettes qui font son succès s'exportent alors dans toute l'Europe, aux Etats-Unis, jusqu'à l'Arabie Saoudite et au Japon. Deux-cent vingt magasins se sont implantés dans quarante- quatre pays. Avec une fortune estimée à quarante-quatre milliards d'euros, Kamprad est plus riche que Bill Gates, le géant de l'informatique. Le père d'IKEA réside en Suisse depuis une trentaine

 d'années. La quatrième fortune du monde emprunte les transports en commun, fait ses courses à prix cassés...et assume sa réputation de radin.

Patron intraitable

Ceux qui le connaissent le voient comme un personnage à la fois simple et hors-normes. Même s'il a quitté sa place de P-dg depuis 1986 et cédé son empire à ses trois fils, Kamprad reste toujours très présent. Il visite tous ses magasins chaque année. Les employés tremblent, car le chef veille, à l'affût de la moindre erreur. Un homme d'affaires exigeant et impitoyable, au passé sulfureux. En 1994, le scandale éclate dans la presse suédoise : plus jeune, Kamprad aurait fait partie des Jeunesses Nordiques, un mouvement pronazi. Il serait aussi proche de Per Engdahl, leader du mouvement pro-nazi de Suède. A l'annonce de cette bombe médiatique, Kamprad devra s'expliquer publiquement pour éviter le boycott mondial. D'autres scandales,comme l’exploitation d’enfants au Tiers-Monde, viendront entacher la réputation de la marque suédoise au fil des années, mais pas de quoi décourager ce fils de fermier parti de rien, qui entend bien augmenter ses implantations mondiales et devenir définitivement le leader mondial de l'ameublement.

HÉLÈNE MORETTI

 

 

Dossier IKEA : Le phénomène de société

Par IUT :: 13/11/2006 à 23:55 :: IKEA

 

Tous séduit par IKEA ?

 

 

Une housse style années soixante-dix recouvre le lit circulaire. Dessus, la peluche Famning

 

en forme de cœur reste dans l’ombre : le soleil ne traverse pas les rideaux opaques beiges. Seules de nombreuses bougies multicolores skänt éclairent la pièce. Elles permettent d’apercevoir le tapis aux motifs psychédéliques. Sa forme sinueuse nous mène jusqu’au bureau en bouleau Vika Amo, à 29.50 euros monté sur des pieds Vika Curry à 2.50 euros pièce.Bienvenue chez IKEA !

Véritable phénomène de société, cette chaîne révolutionne le marché de l’ameublement depuis une quinzaine d’années. Le meuble devient un produit éphémère et adaptable. Selon Nicolas Herpin, sociologue à l’Insee, « les consommateurs anticipent leur lassitude alors qu’avant les meubles faisaient partie du patrimoine familial. La longévité du produit change ». La combinaison esthétique et économique favorise cette frénésie d’achat. Pas de bas de gamme pour autant : les produits sont solides et bien étudiés.

Shopping choisi ou mode subie ?

Renaud Tarlé, titulaire d’un DESS en sociologie du travail, attribue cette facilité de consommer à un désir mimétique. « Nous sommes dans un monde social où tout est déjà constitué. Pour l’intégrer, on imite. On ne désire pas l’objet dans son absolu. On veut le posséder. »

IKEA s’infiltre partout, même à l’écran. D’abord au cinéma avec « Fight Club » où le héros se déclare ouvertement « IKEA addict ». A la télévison ensuite, dans les reality-shows (Loft Story) et les émissions de décorations (D&co).

Le géant suédois fait partie intégrante du paysage commercial sans en détenir l’exclusivité. « Je ne vais pas forcément là-bas car les produits sont un peu standardisés », explique Tamara, étudiante et cliente d'IKEA. L’acheteur n’est pas passif. Il compose son intérieur en se fournissant dans différents magasins.

Chez IKEA bien sûr…mais pas seulement.

ESTELLE ORSOLIN

TIPHAINE RUPPERT

 

Folies d'achats dans les magasins IKEA.

Photo D.R

 


 

Routine chamboulée

 

 

IKEA est le troisième marchand de meubles français : avec 30.6 millions de visiteurs en

 

 France en 2005, soit plus de la moitié de la population de notre pays. Des articles toujours moins chers « qui doivent être considérés comme des produits de consommation » assène Charlotte Metzger, directrice du marketing chez IKEA France.

L'offre répond aux exigences des clients non seulement en matière de prix et de design, mais aussi avec une sécurité et une qualité des produits. IKEA choisit de s'adapter en particulier de ceux qui ont un faible pouvoir d'achat. « Notre positionnement est celui d'un agitateur, nous voulons bousculer les habitudes de l'ameublement » précise la responsable. Pour atteindre un plus large public, l'enseigne étend continuellement sa gamme de style.

 Son projet : une réduction continue des prix. Un autre concept « ikéal » est la « suédisation » de sa clientèle.

Chaque grande surface met en valeur la nourriture suédoise : renne, saumon, hareng... les clients vivent ainsi, le temps d'une visite, à l'heure de la culture scandinave. Une garderie « Smäland » les accueille dans un espace inspiré par la forêt suédoise. IKEA recrée une ambiance de balade familiale où tout est conçu pour permettre au clan de se déplacer le plus agréablement possible dans un espace... avant tout commercial.

ESTELLE ORSOLIN

 

 

  


 

Le discours du terrain

 

 

Salvatore Rinaldo est monteur-meuble chez IKEA Toulouse. Il remplit également le rôle de délégué

 

syndical CFDT. Malgrè son discours humaniste, Ikéa est une entreprise qui recherche le profit...

 

Les salariés d'IKEA ressentent-ils les valeurs prônées par l'enseigne ?

Il y a une forte culture d'entreprise chez IKEA. Il existe même des commandements. Entre autres la détermination, la simplicité et aussi le militantisme.

 

On constate cependant qu'il y a peu de syndiqués chez IKEA ?

Les personnes syndiquées sont mal vues par la direction qui préfère les « sans-étiquettes ». Je suis à Toulouse et, sur six mille personnes, seules deux cents sont syndiquées. On bénéficie normalement d'un droit à l'écoute, mais il vaut mieux ne pas parler trop fort.

 

IKEA semble avoir voulu instaurer un rapport d'équité entre les différents « collaborateurs ». Est-ce une réalité ?

Au niveau national un dialogue s'est instauré. En interne, c'est moins le cas, mais en interne très peu. On ne voit jamais le P.-d.G. On rencontre souvent la direction des ressources humaines pour les différentes négociations. La redistribution des gains n'est pas très équilibrée. On perd nos acquis sociaux un par un, même si on n'est pas mal non plus. On est passé de 13 mois et demi de salaire à 13 mois. IKEA revendiquait sa primauté pour les 35 heures. Quand la loi Aubry II est passée, on travaillait environ 33 heures pour un salaire de 35 heures. Aujourd'hui, à Toulouse, on en travaille 33 pour une paye de 33. Il y a un gros manque à gagner.

PROPOS RECUEILLIS PAR TIPHAINE RUPPERT

 

Dossier IKEA : Au coeur de la politique

Par IUT :: 13/11/2006 à 23:36 :: IKEA

 

 

Du rififi entre mairies…

 

 

 

Plus qu’une simple « guerre de clochers », le projet d’installation d’IKEA traduit une

 

opposition forte entre deux municipalités, deux philosophies, deux maires. Entre André Aschiéri (Verts) à Mouans-Sartoux et Richard Galy (UMP) à Mougins, le combat est lancé. Serge Rodriguez et Christophe Ulivieri, directeurs de cabinet des deux maires, défendent chacun leur position sur un dossier qui divise... dans tous les domaines.

 

Meltin’Post : Existe-t-il un risque d’asphyxie urbaine ? Estimez-vous que l’implantation d’IKEA va nuire à la qualité de vie des riverains ?

Serge Rodriguez : IKEA est un OVNI dans le cocon Mouans- Sartoux. Le projet « Family Village » est situé à moins de cinq cents mètres de notre centreville, à cinq kilomètres de celui de Mougins. C’est un grave problème d’aménagement du territoire ! Une zone d’activité commerciale de cette ampleur correspond à deux à trois millions de clients par an. Ici, les études ont été réalisées sans l’avis d’Escota et du conseil général, qui gèrent les routes du département. La réhabilitation serait trop importante. C’est physiquement impossible !

Christophe Ulivieri : En l’état actuel des routes, le projet ne peut pas s’implanter. Cependant le conseil général est d’accord. Mais il préconise certains travaux simples à réaliser. Il suffit de construire un échangeur avec entrée et sortie directement sur IKEA, d’agrandir les ronds points et les routes et d’édifier des murs anti-bruit. En outre, le magasin n’ouvrira qu’à 10h et fermera à 20h. Il ne devrait donc pas gêner les riverains actifs et les transports scolaires.

 

M.P : Compte tenu de l’importance de la taxe professionnelle, la motivation de Mougins estelle financière ?

C.U : Le terrain n’appartient pas en totalité à la mairie mais à une société d’économie mixte qui l’a revendu beaucoup plus cher. Mais cela ne nous regarde pas... A Mougins, les revenus de la taxe professionnelle sont en train de baisser. IKEA rapporterait deux à trois cent mille euros par an. On a besoin de cet argent !

S.R : D’autres commerces peuvent rapporter davantage. Ce ne sont pas les bâtiments qui sont le plus taxés, mais les machines. Or IKEA en utilise très peu. Une imprimerie ou des bureaux leur rapporteraient beaucoup plus. Par ailleurs, la ville de Mougins a vendu son terrain 130€/m², c’est- à- dire au même prix qu’elle l’avait acheté. On ne comprend pas…

 

 

Christophe Ulivieri : « On a besoin de cet argent ! »

 

 

M.P : Combien d’emplois seraient-ils créés avec l’aboutissement de ce projet ? Et combien de perdus ?

S.R : Il y a cinq cents emplois annoncés… sûrement autant de perdus. La firme suédoise n’est pas la seule solution pour faire naître des emplois. Nous ne sommes pas contre la création de bureaux ou d’entreprises non polluantes. Il n’y a pas que l’activité commerciale qui soit bénéfique !

C.U : Cinq cents nouveaux postes ne correspondent pas à mille cinq- cents supprimés. Si c’était le cas, il ne faudrait plus créer d’emplois en France. Les commerces du centre-ville n’auront pas de concurrents dans le projet « Family Village ». 90% des magasins de ce projet n’existent pas dans cette zone.

 

M.P : Beaucoup de chiffres et d’arguments contradictoires ont circulé ces derniers temps. Qui a raison et quels sont les vrais chiffres ?

S.R : Les chiffres publiés par la mairie de Mougins sont un tissu d’âneries. Le ton est ignoble. Vous vous rendez compte ! Ils annoncent deux à cinq mille voitures de plus par jour entrant dans Mouans-Sartoux. Selon notre étude, réalisée en 2003 avant même la naissance de ce projet, ce seraient dix mille de plus ! Le conseil général a diffusé les mêmes chiffres. A vous de juger...

C.U : Il y a plusieurs façons d’interpréter les chiffres. Quand André Aschiéri parle de dix mille véhicules par jour, il compte les entrées et les sorties. Ce qui ramène à notre chiffre de cinq mille.

 

M.P : Où en sont les relations entre les mairies de Mouans-Sartoux et Mougins ? Est-ce le début d’une rivalité ?

S.R : Le pire n'est jamais sûr… mais nos relations se sont énormément dégradées. Mougins est une commune riche, elle n'a pas besoin d'IKEA. Tout ce qu'elle ne veut pas dans son centre ville, elle le place à sa périphérie. Dans cette affaire, nous sommes les premiers concernés ! En 1994, nous avions signé un accord avec Mougins pour supprimer ce genre de projet. Ils ne l’ont pas respecté.

C.U : Nous n'avons jamais eu de très bonnes relations. En 2005, A. Aschiéri nous a refusé l'entrée dans la communauté d'agglomération dont il est le président. En  politique, on n'existe que dans le « non ». On ne parle jamais de ceux qui sont « pour ». Il considère Mougins comme un poids contre lui, qui ferait un peu trop d'ombre à son cher village.

        PROPOS RECUEILLIS PAR FRED PILARD ET DAMIEN ALLEMAND

  

 

Christophe Uliviéri (à gauche) face à Serge Rodriguez : "Nos étiquettes politiques ne sont pas la cause de ce conflit."

Photos D.A

 


 

IKEA, un enjeu électoral ?

 

 

L’équation paraît logique. André Aschieri est maire de Mouans-Sartoux depuis trente ans.

 

Il est très populaire dans sa commune et n'a pas de réelle opposition. Richard Galy, son « meilleur ennemi » de Mougins, est quant à lui maire d'une ville historiquement à droite. Médecin à plein temps, il ne souhaite pas changer sa situation actuelle. Pour les deux hommes, pas de soucis à se faire pour les prochaines municipales.

La donne n'est pas la même lorsqu'on parle des législatives de 2007.

 De 1997 à 2002, AndréAschieri a été député de la 9e circonscription des Alpes-Maritimes, seule exception à l'emprise de la droite dans le département. Battu ensuite par Michèle Tabarot (UMP), maire du Cannet, il veut prendre sa revanche. Se qualifiant lui-même « d'écologiste, humaniste, citoyen », sa personnalité et ses idées politiques restent cependant entourées d’un certain flou. Cest la principale raison de son échec en 2002.

Un coup médiatique ?

Aujourd'hui, l'ex-député revient sur le devant de la scène grâce au dossier IKEA. « Depuis le début, il occupe d'une main de maître la scène médiatique. Il utilisera cette affaire pour que l'on parle de lui jusqu'aux élections avec chaque mois un nouveau rebondissement. Après les législatives, on entendra plus parler d'Ikéa », confie Christophe Ulivieri, directeur de cabinet de Richard Galy. Du côté de la municipalité mouansoise, on se défend de toute ambition politique à plus haute échelle. « André Aschieri est maire d'une commune qu'il aime. Il est aussi conseiller régional. Le poste de député, qu'il a déjà connu, ne l'intéresse plus », réplique Serge Rodriguez, son directeur de cabinet.

En attendant le « sauveur »

Le dossier IKEA est une poule aux oeufs d'or pour les hommes politiques. A l'instar de Michèle Tabarot (voir article ci-dessous), tout le monde s'exprime tous azimuts sur ce sujet, donne son avis, mais ne propose pas de solutions alternatives concrètes. Celui ou celle qui saura le mieux gérer le problème IKEA se positionnera sans doute comme le favori des législatives en juin 2007

F. P & D.A

 


 

La médiation tombe à l’eau

 

 

Après près d'un an de conflits, aucune entente ne semble envisageable entre Mouans-Sartoux

 

 et Mougins. Les deux partis campent sur leurs positions et rivalisent de stratagèmes juridiques pour piéger l'autre (voir article ci-dessous). C'est dans ce contexte pour le moins tendu que Michèle Tabarot, député-maire UMP du Cannet, a proposé sa médiation, le jeudi 2 novembre. « Je souhaite, pour ce projet, concilier le développement économique et la création d'emplois, sans pour autant remettre en cause la qualité de vie des habitants ».

A cette occasion, tous les maires et conseillers généraux de la circonscription auraient dû débattre du « dossier IKEA ». Prévue vendredi 10 novembre, cette concertation a finalement été annulée, annonce Christophe Ulivieri, directeur de cabinet de Richard Galy. Avant de prendre la moindre décision, la mairie de Mougins souhaite attendre le compte-rendu de l'enquête publique du tribunal administratif.

Une décision inattendue

L'initiative soudaine de M. Tabarot a été une surprise pour la plupart des communes concernées, dont Mouans-Sartoux. Serge Rodriguez, directeur de cabinet du maire André Aschiéri (Verts), juge l'action « pour le moins tardive ». La date du 10 novembre a été fixée, il y a quelques jours seulement, par Michèle Tabarot. Du côté de Mougins, on dénonce un manque de coordination avec les mairies.

A quelques mois des élections législatives, l'initiative de la député-maire peut apparaître comme une volonté de réunir les élus locaux derrière elle, dont André Aschiéri. Ancien député de 1997 à 2002, le virulent maire de Mouans-Sartoux fut son plus grand rival aux dernières législatives. Il pourrait bien l'être de nouveau l'année prochaine.

F. P.

 


 

Mougins contre-attaque

 

 

« Ridicule ! ». Telle est la première réaction de la municipalité mouansoise.

 

Le dernier rebondissement dans ce bras de fer interminable à propos du projet d'implantation d'Ikéa dans la zone d’aménagement concertée (ZAC) Saint-Martin est pour le moins inattendu.

Le maire de Mougins a déposé une plainte avec constitution partie civile contre la commune de Mouans-Sartoux pour « entrave à la circulation » et « abus d'autorité dirigeante ». Principale pierre d'achoppement : la simulation de bouchons autour du site du futur IKEA le samedi 23 septembre dernier. Al’appel d’André Aschieri, près de trois cents voitures ont pendant plus d'une heure provoqué de graves embouteillages.

Un cas unique

Une chose est sûre : la mairie de Mougins n'a pas apprécié. « Ils ont paralysé notre commune ! » explique Christophe Uliveri, directeur de cabinet. Sur le fond comme sur la forme, cette manifestation dérange. « L'appel à manifester a été diffusé dans un journal municipal, financé par les Mouansois. On ne peut pas accepter qu’une institution comme une mairie puisse créer un désordre public ! De plus, ce rassemblement n'a pas été déclaré à la préfecture, qui aurait pu arranger la circulation. C'est complètement illégal ! », rajoute le Mouginois.

Sûre de son droit et de sa bonne foi, la mairie de Mouans-Sartoux reste dans l'attente. « Le droit de manifester est un droit constitutionnel. Nous restons zen », précise, sourire aux lèvres, Serge Rodriguez, directeur de cabinet d'André Aschieri. Le caractère invraisemblable de la situation joue en sa faveur. Une commune qui porte plainte contre une autre commune est, selon lui, « une première ».

D.A.

 

Dossier IKEA : L'opinion publique

Par IUT :: 13/11/2006 à 23:09 :: IKEA

 

 

Des riverains plutôt favorables

 

 

Les habitants de Mouans- Sartoux, la Roquette-sur- Siagne et Mougins, concernés par le

 

projet, s’expriment de façon plutôt positive. Ils craignent tout de même un manque de fluidité dans la circulation. « Je suis pour à 100%. A part à Toulon, nous n’avons pas de magasin IKEA dans la région, c’est l’occasion d’en avoir enfin un ici. » Sylvie, secrétaire à Mouans-Sartoux rejoint l’opinion de Brigitte, mère au foyer à Mougins, « Je suis une cliente régulière d’IKEA. C’est pratique d’en avoir un prés de chez nous. Cela ne peut faire que du bien puisque ce type d’enseignes se fait désirer dans le coin. De plus, c’est un magasin très sympathique et attrayant. » Toutes deux apprécientl’idée et comprennent le choix du site même si elles craignent des problèmes conséquents de circulation : « Le point noir de Mouans-Sartoux, c’est le trafic, nous voyons comment ça se passe aujourd’hui, cela ne va pas être évident si le nécessaire n’est pas fait », constate Sylvie. Selon la mairie de Mougins, des accès directs à IKEA depuis la pénétrante devraient être réalisés pour favoriser les conditions actuelles de circulation. Pour Brigitte, « rien n’a été fait pour remédier aux nuisances déjà existantes. L’implantation d’IKEA permettra peut-être de résoudre ces problèmes de circulation s’ils construisent de nouveaux axes ».

La population des environs accepte ce projet qui leur permettra de ne plus se déplacer jusqu’à Toulon pour leurs achats de meubles. Au risque même de subir les aléas d’une circulation paralysante.

LUDOVIC LACHAT

 

 


 

 

Daniel, retraité – Saint-Raphaël (83).

« C’est quelque chose de bien à priori. Je considère qu’il y a un nombre énorme d’emplois à la clé. Dès qu’on a une idée ici, les gens sont contre. C’est une région très peuplée (…), il y a des bâtiments et des immeubles partout alors un de plus, ça ne changera pas grand chose. »

 

Eric, brocanteur – Saint-Raphaël (83).

« Je n’ai pas entendu parler de ce projet. Je ne suis pas fan des centres commerciaux, c’est du discount, de la vente à la chaîne. C’est comme un supermarché, il y en a un dans chaque ville. Un gros s’implante, les autres suivent. »

 

Didier, technicien territorial à la mairie de Nice (06).

« A l’avenir on sera amené à construire là-bas. Il faut regarder les intérêts pour la région, cela va créer des emplois. Même pour le village, ça va attirer du monde. »

 

 

Ludivine, mère au foyer – Nice (06).

« Je suis plutôt contre car ça va pénaliser les petites entreprises qui sont déjà implantées là depuis une dizaine années. Mais IKEA manque dans la région, malheureusement c’est tombé sur Mouans-Sartoux. Cependant, je n’aurais pas été favorable à son implantation à Nice. »

 


 

Quand IKEA fait débat

 

 

Le slogan « IKEA : ré-agissez » n’a jamais autant collé à la réalité. Petit tour d’horizon dans la zone de chalandise de Saint-Raphaël à Nice.

 

Depuis l’annonce du projet d’implantation, les réactions des habitants sont nombreuses et

 

divergentes. A Saint-Raphaël, à 41 Kms de Mougins et de Mouans-Sartoux, le projet IKEA et la polémique qui l’accompagne, ne semblent pas perturber la tranquillité des habitants. La plupart ignore l’existence de ce dossier ambitieux ou ne se sent pas directement concernée. C’est le cas de Jean- Pierre, 60 ans, ancien salarié de Peugeot : « Je n'habite pas dans le secteur, toutefois, je ne suis pas d’accord car ça fait trop de grandes surfaces, mais ma fille aimerait bien, elle est amatrice. » D’autres, comme Eric, brocanteur sur le marché de Saint-Raphaël, apprennent seulement la nouvelle : « Je n’étais pas au courant. Ca peut être bien et pas bien en même temps. Il faut voir le pour et le contre ».

Marcelle, retraitée de l’éducation nationale, expose un avis plus virulent : « Que ce magasin aille s’implanter à Nice. » De Saint- Raphaël à Nice, les habitants se renvoient la balle. Les Niçois sont contents de voir une telle structure s’implanter dans les Alpes-Maritimes, tant que la grande surface est suffisamment éloignée de la promenade des Anglais. « Je vais faire l’égoïste mais tant que ce n’est pas à côté de chez moi, ça ne me dérange pas », précise Brice, avocat à Nice.

Les commerces de

proximité en danger ?

L’accueil de ce projet n’est pas une menace pour les commerces d'ameublement. C’est le cas de Claude Fouet de Saint-Raphaël. Elle n’avait jamais entendu parlé de l’arrivée de la firme suédoise. Elle ne craint rien pour son affaire : « Nous n’avons rien en commun avec IKEA. Nous n’avons que des marques, mais je peux comprendre que d’autres secteurs soient menacés. Il existe des magasins identiques qui drainent beaucoup de monde. Ils ont une politique particulière : pas de service à la clientèle, chacun repart avec son meuble. Je suis époustouflée que ça marche autant. » Daniel Guibal, retraité dans le bâtiment à Fréjus, estime quant à lui que le projet sera générateur d’emplois. Pour lui, « l’affluence permettra à l’entreprise de prospérer ». Les prix adaptés à toutes les bourses attirent de nombreux clients dont Brice, fidèle à la marque pour « sa qualité ». En attendant la finalisation du projet, d’autres Azuréens se rendent à Toulon.

 Tous semblent rejoindre le point de vue de Didier Rousseau, un Niçois, fonctionnaire territorial : « IKEA c’est très bien. Mais c’est encore mieux quand on n’habite pas à Mouans-Sartoux. »

MÉLANIE CAMOIN

CHRISTINE PANNETIER

 

 

Dossier IKEA : le magasin de Toulon

Par IUT :: 13/11/2006 à 22:49 :: IKEA

 

IKEA Toulon victime de son

 

 succès

 

 

Le magasin compte sur Mougins pour le soulager

 

 

Dix heures : le parking bondé, le magasin ouvre ses portes. Les clients attendent déjà,

 

même en semaine. Plus l’heure passe, plus les voitures immatriculées 06 affluent, plus les files d’attentes s’allongent. « Nos clients [des Alpes-Maritimes] n’arrivent pas pour acheter quelques serviettes et des ampoules ! », affirme Martin Simonsson, directeur d’IKEA Toulon, seul responsable suédois du groupe en France.

En 1999, le coup d’envoi est donné : les premiers dessins et maquettes sont élaborés, les droits d’exploitation de la surface et le

permis de construire sont rapidement obtenus. L’implantation a été soutenue par l’ANPE. Cette alliance a permis de doubler les créations de postes sur le magasin depuis sa construction.

Dés la première année, les objectifs de vente ont été remplis. Depuis, ils n’ont fait qu’augmenter. Avec l’arrivée du dernier né à Mougins, les objectifs vont être revus à la baisse. La population locale est satisfaite. Odile attendait le nouveau magasin : « Nous n’avons plus besoin d’aller jusqu’à Marseille pour faire nos courses ! »

Un objectif national

En 2008, des travaux d’agrandissement vont être conduits. Ils ont été acceptés, encore avec succès : cinq voix favorables sur six. IKEA Toulon milite logiquement pour l’implantation d’un nouveau " bébé " à Mougins. Une pétition de soutien se trouve même à la sortie. « Il faut raisonner en terme de globalité, au niveau national », souligne Cédric, employé au rayon meuble. Le but de la chaîne est de devenir le numéro un de l’ameublement – elle est actuellement deuxième derrière Conforama. « Nous sommes contents lorsque nous vendons bien, mais cela n’a aucune influence sur nos salaires », poursuit David, employé au service des relations avec la clientèle.

Le magasin accueille actuellement trois cent mille personnes par an. Il connaît de gros problèmes de stationnement et de stockage des marchandises. Il devient un peu « hors normes » en vendant excessivement par livraison.

Le deuxième IKEA de Marseille implanté cet été à la Valentine a eu peu d’impact sur celui de Toulon. L’établissement ne désemplit pas : « Seule la clientèle du Vaucluse s’est déplacée. Le péage de Bandol reste un obstacle financier pour les Varois de l'Est désireux d'aller à Marseille », précise Cédric.

 Même avec un projet d’agrandissement, IKEA Toulon attend avec impatience le nouveau magasin de Mougins.

JULIETTE BARRE

AUDREY COLLE

 

 

 

 

 

Ouverture attendue comme chaque matin à 10 heures.                                         Photo A.C

 


 

IKEA Toulon en chiffres

2001 : implantation d’IKEA Toulon.

 60% des clients du week-end viennent des Alpes-Maritimes et représentent 30% du chiffre d’affaires.

300 kilomètres d’autoroutes et 23, 20 euros de péage, de Nice à IKEA Toulon.

Entre 6 000 et 10 000 personnes accueillies chaque jour dans l’enceinte du magasin.

750 000 euros, chiffre d’affaires record pour la semaine de la Toussaint.

300 employés, payés 35 heures pour 33, 5 heures travaillées par semaine.

2008 : début des travaux d’agrandissement (parking, surface de vente et dépôt...)

 

 


 

Habitat concurrencé

Deux ans après l’implantation d’IKEA Toulon, Habitat ferme ses portes. C’est seulement une stratégie de marché, les deux magasins appartenant au même groupe. « Habitat change d’objectifs et se concentre en centre ville pour ne plus concurrencer IKEA dans les banlieues », explique Martin Simonsson.

J.B. & A.C .

 

 


 

 

 

Paroles d’Azuréens sur le parking

 

 

 

Nathalie et Jean-Pierre (Plan de Grasse)

« Nous sommes contre. Les pénétrantes sont saturées toutes l’année. Nous préférons nous déplacer. Nos achats sont déjà ciblés. S’il faut absolument en faire un, pourquoi choisir Mougins ? Il y a beaucoup d’endroits bien meilleurs pour l’implantation. Il faut le faire plus près de Nice. Là-bas, les structures sont plus adéquates. »

 

Béatrice (Mandelieu- La Napoule)

« L’implantation d’un IKEA va drainer du monde. Comme je travaille dans la grande distribution, je suis totalement pour. Bien sûr nous allons perdre de la clientèle sur le meuble, maison va en gagner par ailleurs sur l’alimentaire. Pour nous, c’est la base. J’ai d’ailleurs signé la pétition à la sortie du magasin pour soutenir le projet. »

 

Jacques et Marie (Grasse).

 « Nous sommes plutôt pour le projet à Mougins. Ce serait une erreur de ne pas le faire. C’est vrai qu’il y a déjà de gros problèmes d’embouteillages. Mais IKEA doit s’implanter intelligemment, en créant une pénétrante pour son entrée. Cela nous éviterait de traverser Mouans-Sartoux et Mougins. »

 

Olivier et Julie (Antibes-Juan les Pins)

« Pour l’instant, nous sommes prêts à faire 150 kilomètres. Mais c’est vrai que Mougins, ce serait plus pratique. De toute façons, c’est toujours bouché à Mouans- Sartoux. Alors, un peu plus, un peu moins… Une implantation à Vintimille a également été envisagée. Pour nous, la distance est la même. C’est peut-être plus accessible… »

 

 

Dossier IKEA : L'économie

Par IUT :: 13/11/2006 à 22:32 :: IKEA

 

Un projet et deux visions

 

économiques qui s’opposent

 

 

L’enjeu et l’impact sur l’économie locale déclenchent une bataille des chiffres

 

 

« Ce n’est jamais bon d’avoir des grandes surfaces à proximité d’un petit village.»

 

Christiane Requiston, présidente de l’association Mouans Commerces, a présenté ainsi l’implantation de la nouvelle zone commerciale de Mougins. Selon elle, ce n’est pas l’enseigne IKEA qui pose problème, mais le projet du Family Village qui l’entoure. Des dizaines de boutiques prévues dans le projet, initialement consacrées à la décoration, risqueraient à terme de concurrencer les cent vingt commerces du centre ville.

Une menace contrastée

Sur le terrain, tous ne partagent pas cette inquiétude. Les commerçants qui ont une clientèle d’habitués restent indifférents au projet. D’autres sont plus enthousiastes : « Cinq-cent emplois, c’est bien. En plus ça va ramener du monde », espère Philipe Ervel, gérant de la Brasserie du Cèdre. Les statistiques du Ministère du commerce et de l’artisanat indiquent que la création de grandes surfaces menace directement les commerces de proximité. Dans ce cas précis, la réalité semble toute autre : les secteurs d’activité concernés peuvent être complémentaires. «En plus, tous les consommateurs d’IKEA sont des consommateurs potentiels pour nous », affirme Jean- François Rivals, propriétaire de la seule épicerie du centre ville. L’implantation du centre commercial ne menacerait donc pas directement les commerces du village. A moins que le complexe de boutiques prévu autour d’IKEA ne se transforme en traditionnelle galerie marchande.

GAUTIER GUIGON

JAKUB IWANIUK

 

 

Banderole contestataire au marché de Mouans-Sartoux

Photo D.A


 

Une menace pour le petit commerce ?

 

Chambre de commerce et d'industrie de Nice, mairies de Mougins et de Mouans- Sartoux,

 

dépositaires du projet... tout le monde attendent avec impatience les résultats de l'enquête publique en cours d'instruction. L'impact de l'implantation du Family Village sur l'économie locale est difficile à établir. A ce jour, seuls des avis divergent. Cette grande surface du meuble menace-t- elle les entreprises d'équipement de la maison ? Les Alpes- Maritimes sont saturées par les magasins d'ameublement. Notamment à l'Ouest, où la surface commerciale par habitant apparaît deux fois plus élevée que dans le reste du département.

Un marché saturé

Pour l'entreprise Perrimond, spécialisée dans les meubles « de qualité », ce serait même « un plus ». « Ce n'est pas du tout le même produit, la même clientèle », précise son directeur. Les victimes seraient donc du côté des petites entreprises de décoration bon marché. Le promoteur Altarea estime à soixante-dix le nombre d'emplois directement menacés dans la région. Selon les statistiques du ministère du commerce, pour un emploi créé dans la grande distribution, deux emplois sont perdus dans le commerce de proximité.

Un projet ambitieux...

La municipalité de Mougins espère la création de près de cinq cents emplois qui, d'après un accord passé avec le promoteur, bénéficieraient en priorité aux chômeurs du bassin Cannes-Grasse. Autre point fort du dossier : les recettes de la taxe professionnelle et de la vente du terrain, propriété à 60% de la mairie. Pas d'inquiétude pour les contribuables mouginois : les frais d'équipements routiers et la bretelle d'accès au site depuis la pénétrante seront à charge du constructeur. « C'est ça ou il n'y aura pas d'IKEA », précise Christophe Ulivieri, directeur du cabinet du maire. Une estimation positive, compte tenu des perspectives d'emplois et de la création de richesses, sources de revenus pour les collectivités locales.

...mais controversé

« Cela fait vingt cinq ans que l'on refuse les grandes surfaces », affirme Serge Rodriguez, directeur du cabinet du maire de Mouans- Sartoux. La municipalité se flatte d'être « dynamique dans tous les domaines économiques... sauf  la grande distribution ». Et pour cause : il s'agit d'une volonté politique, « d'un choix de société ». Une zone commerciale à proximité du village ne rapporterait aucun client au centre ville, mais seulement des nuisances. Il propose la création d'une zone industrielle sur le modèle des Argiles, qui accueille 150 entreprises faisant travailler environ 1500 personnes. « C'est une autre façon d'avoir des recettes équivalentes [au niveau de la taxe professionnelle] » tout en respectant le cadre de vie de la population.

Les partisans et les opposants au projet se livrent une bataille des chiffres qui renvoie à deux visions économiques différentes. A l'enquête publique de se prononcer sur la validité du dossier. Si elle statue contre, ce sera le cinquième refus d'implantation d'un projet commercial sur la ZAC de St Martin.

G.G. & J. I

 

 

Les commerces de Mouans-Sartoux vont-ils disparaître ?

Photo J.I

Dossier IKEA : La concurrence

Par IUT :: 13/11/2006 à 22:11 :: IKEA

 

Un ennemi qui leur

 

veut du bien ?

 

 

A l’heure où la polémique fait rage, seule la concurrence est unanime.

 

«Plus il y a de concurrence, mieux c’est ». Voilà ce que déclarent à l’unisson les rivaux du

 

futur IKEA de Mougins. Baisse de fréquentation, réduction de personnel, rien de tout cela n’inquiète les enseignes de l’ameublement et de la décoration. Au contraire.

Avec sa trentaine de magasins spécialisés en équipement d’intérieur, le parc d’activités des Tourrades à Cannes la Bocca devrait être le premier touché par l’arrivée du géant jaune et bleu. Ce dernier sera pourtant accueilli à bras ouverts à en croire les dirigeants des magasins concurrents : « Une enseigne aussi populaire est une aubaine pour nous. Cela va ramener énormément de monde dans le coin. Ce que le client ne trouvera pas chez IKEA, il le dénichera chez nous » pense Valérie, responsable administrative du magasin Fly.

Côté cuisiniste, le discours est identique : « Nous n’avons pas forcément

la même clientèle, donc je ne me sens pas concurrencée. Personnellement, je me suis toujours dit qu’il fallait un IKEA dans le département » affirme la directrice de l’enseigne Cuisinella.

Une clientèle volatile

Sandrine et Julien, jeune couple mouansois, s’apprêtent à acheter une cuisine : « On vient jeter un oeil aux Tourrades mais je pense que nous irons à l’IKEA de Toulon. On arrêtera notre choix là-bas car on y trouve le meilleur rapport qualité prix ».

IKEA est sur tous les fronts : ameublement, décoration, arts de la table. Une formule qui a fait ses preuves et compte aujourd’hui des millions d’adeptes. Pour Christine qui cherche une chambre d’enfants, entre Fly et IKEA aucune hésitation : « Si un magasin ouvre à Mougins il est clair que je ne mettrais plus les pieds à Fly. Chez moi, tout vient d’IKEA, de la chambre à la salle de bain ! ». Magalie, étudiante à Nice est du même avis : « Pour les jeunes, c’est l’idéal. C’est moins cher que Fly et surtout plus design. »

Si les clients sont prêts à déserter les allées, les directions, elles, sont donc restées sereines et n’ont communiqué aucune mesure particulière aux magasins. Seuls les employés sentent d’ores et déjà le danger arriver. Chez Casa , une enseigne spécialisée dans la déco, « on se réjouit de l’arrivée de ce nouveau concurrent qui va apporter du dynamisme à la région » confie la responsable. Avant de nuancer : « Mais là, je parle au nom de la direction. Personnellement je sais qu’on va en prendre un coup ».

A Cannes la Bocca, les vendeurs de Conforama appréhendent tout autant : « Côté hifi et éléctroménager, on ne craint pas grand chose. Mais dans les rayons luminaire, ameublement et décoration, là oui, ça va faire mal ».

Quant à Manea, implanté à quelques kilomètres à peine du futur IKEA, la direction n’a pas souhaité donner son opinion sur son futur concurrent. Ouvert il y a moins d’un mois, tout laisse penser qu’il sera mis en difficulté par le géant suédois.

Alors, nouvelle dynamique commerciale ou envahissement du marché ? Si les concurrents sont confiants, pour les clients, en revanche, le choix est fait.

AMÉLIE RIGODANZO

SHÉHÉRAZADE MOHAMED

 

 

IKEA va leur faire de l’ombre

Le magasin Habitat, situé à Nice étoile, ne risque pas de fermer ses portes comme ce fut le cas à Toulon lorsque le géant suédois s’est implanté. L’enseigne appartient en effet au groupe IKEA depuis 1992, ce qui la met à l’abri. Tous les équipementiers d’intérieur n’ont pas cette chance. Parmi les plus « menacés » citons:

 

 

 A proximité directe de la zone d’implantation du futur IKEA : Manea situé route de Grasse.

   Sur le Parc d’activités des Tourrades : Fly, Basika, Atlas, Salon Center, Vogica, Cuisinella, Pier Import, Casa, Déco et Loisirs

  A Cannes la Bocca : Conforama, But, Mobilier de France, Bois et Chiffons

 

 

 

 

  

L'enseigne Fly ne s'inquiète pas de la concurrence. Pourtant les clients sont prêts à déserter.

Photo A.R

 

Manea, sur la route de Grasse à deux pas du futur IKEA

Photo S.M

 

Dossier IKEA : Les démarches administratives

Par IUT :: 13/11/2006 à 21:59 :: IKEA

 

Implantation : mode d’emploi

 

 

 

�� La création d’une grande surface répond à un processus complexe : décryptage

 

L’implantation d’IKEA dans le bassin cannois pose la question des installations de grandes

 

 surfaces. Jean-Claude Zeitoun, responsable du service de l’urbanisme commercial auprès de la chambre de commerce et de l’industrie (CCI.) de Nice, détaille les différentes phases de ce processus.

C’est la commission départementale de l’équipement commercial (CDEC : lire ci-dessous) qui traite les dossiers d’implantation des grandes surfaces, c’est-à-dire les surfaces de vente supérieures à 300 m². L’enseigne désireuse de s’implanter doit déposer un dossier avec une étude d’impact . « La CDEC a alors quatre mois pour rendre un avis exécutoire : favorable ou non », explique M. Zeitoun. Elle doit prendre sa décision en fonction des « intérêts et de l’impact économique et environnemental de l’implantation », souligne- t- il. Après un avis favorable et l’épuisement de tous les recours, la décision finale appartient à la municipalité d’implantation. Elle décide d’accorder ou non le permis de construire. Durant les quatre mois d’examen, d’autres organismes peuvent donner des avis et réaliser une contre-étude. C’est par exemple le cas de la chambre des métiers et de la direction départementale de l’équipement (DDE) qui s’intéressent principalement à l’impact de l’implantation d’une grande surface sur les commerces de proximité.

 Des recours sont également possibles auprès de la commission nationale de l’équipement commercial (CNEC) deux mois après la publicité du dossier par la préfecture ou dans un délai de trois mois lors d’une action devant le tribunal administratif.

« Quand le dossier est autorisé commercialement, le demandeur dispose d’un délai de deux ans pour déposer la demande de permis de construire et de trois ans pour réaliser la construction », déclare Jean-Claude Zeitoun.

La double autorisation

La double autorisation, administrative puis municipale est une spécificité française. En matière d’autorisation d’implantation, la loi française est l’une des plus contraignantes d’Europe par la nature de sa procédure, mais aussi par les pesanteurs suscitées par les différentes parties s’opposant et faisant appel des décisions prises.

L’enregistrement : une

phase primordiale

C’est avec une satisfaction non dissimulée que M. Zeitoun donne le nombre de grandes surfaces présentes dans les Alpes Maritimes : « Elles sont près de 900 et ont un chiffre d’affaires total de 8 milliards d’euros. » Il prend alors l’exemple du projet d’implantation d’IKEA à Mougins. Les précédents projets à Nice et à Cagnes- sur- mer n’étaient que des « demandes d’intérêts » , car « c’est la première fois qu’IKEA dépose un dossier ».

L’enquête publique a été ouverte le 11 septembre 2006 et s’est clôturée le 16 octobre dernier. Selon Jean-Claude Zeitoun, un rapport doit être rendu pour le 17 novembre prochain au préfet des Alpes-Maritimes afin qu’il effectue l’enregistrement du dossier auprès de la CDEC. En attendant, le public devra patienter quatre mois, si tout va bien, pour savoir si IKEA pourra s’implanter ou non dans les Alpes-Maritimes.

                                                                                                                                              JOHANNA BRUNEAU

                                                                                                                                             CAROLINE DHERBEY

 

 

 

Les densités commerciales présentées et accordées au bassin cannois sont supérieures à la tendance départementale. Cela pose la question de la réelle nécessité de l'implantatiopn d'IKEA dans cette zone.

Source : mairie de Nice

 

 

 

La CDEC: c’est quoi ?

La CDEC est l’autorité administrative qui contrôle les demandes d’implantation des grandes surfaces. Elle est rattachée à la CCI. Elle compte six membres. Trois sont des responsables politiques : le maire de la commune d’implantation, le représentant de la commune la plus peuplée de l’arrondissement d’implantation (Cannes) et le représentant

de la communauté d’agglomération de Grasse. Les trois autres sont des responsables économiques. Il s’agit du président de la CCI, du président de la chambre des métiers et du représentant des associations de consommateurs des Alpes-Maritimes. Pour qu’un dossier soit approuvé, il faut qu’il recueille quatre voix à la majorité qualifiée.

 

 

 

 

L’enquête publique: comment ça marche?

C’est une phase de concertation au cours de laquelle le public est invité à donner son avis sur un projet d’implantation. Elle est ouverte par le conseil général pour tout projet de création d’une surface de vente supérieure à 6000 m². C’est le président du tribunal administratif qui préside la commission d’enquête. A la fin de cette période, il doit rendre une copie de sa décision au préfet du département, lequel effectuera l’enregistrement du projet auprès de la C.D.E.C.

 

Dossier IKEA : les Associations

Par IUT :: 13/11/2006 à 21:42 :: IKEA

 

« Le problème, c'est la taille »

 

 

Dans un contexte de plus en plus tendu, l'affaire IKEA commence à prendre des proportions démesurées. 

 

Nouvel  exemple    lors de l’entretien avec l’ADCV mardi 7 novembre.

 

 

Comment fonctionne l’ADCV ?

L'association a été créée en mars 2006. Elle rassemble deux cents adhérents, dont 90 % de Mouginois. La cotisation minimale est de dix euros. Nous ne recevons aucun soutien des municipalités opposées au projet. Nous désirons rester politiquement libres. Mais dans la mesure où l'on prend parti sur un sujet concernant notre commune, on fait de la politique, mais pas politicienne.

 

Quelles ont été les raisons de la fondation de votre association ?

Le projet d'implantation d'IKEA a été son motif de création. Mais nous avons pour objectif de lutter contre toute installation de grandes surfaces commerciales de distribution. Nous tolérons davantage une zone d'activités comme celle de l'Argile, à la sortie de Mouans-Sartoux, où sont installées des entreprises de création.

 

Quelles actions menez-vous ?

Nous avons alerté la chambre de commerce et d'industrie et dixneuf personnalités de la région, le président du conseil général en tête. Nous avons également mis en place plusieurs pétitions qui ont recueilli des milliers de signatures. Enfin, nous avons réalisé un journal.

 

Avez-vous des relations avec l'association APIM qui se prononce pour IKEA ?

Ils ne veulent pas dialoguer. Un exemple : lors d'une réunion de notre association, le créateur du blog pro-IKEA était présent. On l'a invité à prendre la parole. A l'inverse, lors d'une réunion de l'APIM, nous n'avons pas pu nous exprimer. Il y a un manque de démocratie dans ce débat. Cette association est proche de la mairie de Mougins. Leur blog n'est qu'une succession de fausses informations.

 

Comment expliquez-vous que les chiffres de l'Apim soient nettement inférieurs aux vôtres ?

C'est encore un exemple de la mauvaise foi de l'APIM. Nos chiffres ont été confirmés par le conseil général. On ne les a pas inventés. On ne peut pas laisser IKEA s'installer chez nous. Nous n'avons rien contre IKEA. Le véritable problème du projet, c'est sa taille.

 

N'avez-vous pas le sentiment d'être utilisés dans une lutte purement politique ?

C'est vrai qu'il faut resituer le problème dans son contexte. Les maires de Mougins et Mouans-Sartoux ne s'aiment pas vraiment. Nous sommes à moins d'un an des élections législatives, et M. Aschieri sera peut-être candidat. D'un autre coté, cela permet de faire parler denous.

 

 PROPOS RECUEILLIPAR BAPTISTE BARBE  ET FRANÇOIS GAYTTÉ

 

Eugène Cauvin, président de l'ADCV : "Nous voulons lutter contre l'installation de grandes surfaces"

Photo B.B

 

 

 

L’APIM,

 

 porte-parole du dossier

 

 

 

L’association de défense du cadre de vie (ADCV) se bat contre le projet.

 

Tout est parti d'un blog (*), créé en janvier 2006 pour informer le public sur l'avancement

 

 du projet

 

d’implantation du magasin IKEA et lancer une pétition de soutien. Plus de onze mille signatures plus tard, les partisans du projet se sont regroupés et ont fondé il y a deux mois l'Association pour IKEA Mougins (APIM). Son président, Georges Clause, artisan décorateur, justifie sa création : « On voulait essayer de bouger les choses, montrer qu'il y a beaucoup d'habitants de La Roquette-sur-Siagne, de Mouans- Sartoux et même de Nice et Beaulieu qui souhaitent l'implantation d'IKEA. »

Un projet écologique ?

Pour l'APIM, l'arrivée d'IKEA dans la ville de Mougins est une opportunité à ne pas manquer. « On ne peut pas aller contre le progrès. Mougins a bien le droit de se développer », affirme Georges Clause. Au projet économique s'ajouterait un véritable projet écologique : « IKEA est géré par des Suédois. Ce sont des gens très carrés, soucieux de l'écologie. Le fait de vouloir construire un parking souterrain et planter beaucoup d'arbres en est la preuve. » Des arguments vivement critiqués par les opposants. Selon eux, il ne s'agit que de communication, rien de plus. Le président de l'Apim nie toute manipulation provenant de la mairie de Mougins. A peine concède-t-il partager certains points de vue.

Sans aller plus loin...

Deux camps face à face

Une dizaine d'adhérents sont chargés d'entretenir le dialogue avec « l'autre camp ». Selon Georges Clause, il s'agit bien d'une guerre de tranchées : « Le dialogue est impossible avec les Mouansois opposés à l'arrivée de l'entreprise. J'ai rencontré plus de gens agressifs que raisonnables. A la place d'IKEA, ils voudraient que soit construit un lycée hôtelier, mais ça ne se fait pas comme ça ! » Le refus de concertation est également reproché à l'APIM par les opposants. Autrement dit, les deux camps se rejettent mutuellement la faute.

Actuellement, l'association attend les résultats de l'enquête publique, révélés en janvier prochain. Si cette dernière s'avère négative, le président de l'Apim ne se fait pas d'illusion : « Si l'aménagement autour de la zone ne se fait pas, il n'y aura pas de projet. »

B . B .

F.G.

*pourikeamougins.blogspot.com

 

 

 

En bref

 

La course aux pétitions

En plus des blogs, l’association

pro-Ikea (APIM) et les opposants (ADCV), se sont lancés dans une véritable course aux pétitions. Sur son site l’APIM se félicite d’avoir obtenu plus de onze mille signatures des habitants de Mougins, Mouans-Sartoux et la Roquette. Chez l’ADCV, on parle également d’une dizaine de milliers de signatures. Leurs pétitions viennent s’ajouter à celles rédigées par les mairies de Mouans-Sartoux et Mougins.

B . B .

F.G.

Dossier IKEA : Environnement

Par IUT :: 13/11/2006 à 21:31 :: IKEA

 

Goutte d’eau

 

dans la bataille ?

 

 

La construction d’un gigantesque centre commercial est-elle compatible avec le respect du cadre de vie des riverains ?

 

 

«Ce sont les futures générations qui vont souffrir de ces conneries de mégalomanes ».

 

 Le point de vue de l’Association  de la défense du cadre de vie de Mougins est clair : « IKEA, c’est non ». La ville de Mouans-Sartoux a toujours souhaité réguler son urbanisation : « nous nous sommes battus pour que ce soit une ville verte », surenchérit une adhérente de l’ADCV. Selon celle-ci, la construction du « Family Village »

sur la ZAC Saint-Martin présente différents inconvénients : l’implantation de panneaux de signalisation autour du site dénaturerait le paysage. La hausse du nombre de véhicules présents dans la zone entraînerait l’augmentation du délestage urbain, mais aussi et surtout l’émission de CO2 : 39 500 tonnes par an (soit en volume 20 millions de mètres cubes par an), estime Daniel le Blay, adjoint au maire de Mouans-Sartoux. « Ce type de centre commercial s’implante généralement dans les banlieues des grandes villes et non dans le centre des petites villes » explique Huguette Gaillard, présidente de l’Association pour la défense de l’environnement et de la forêt. Celle-ci met en avant la démesure du projet. La pénétrante Cannes-Grasse ne peut pas accueillir toute la clientèle que le grand magasin suédois engendrerait. Cette route bouchonne déjà aujourd’hui ! D’autres problèmes sont avancés par Huguette Gaillard : si travaux il y a, il faut craindre des affaissements de terrains et un mauvais écoulement des eaux.

« Oui, mais pas ici ! »

IKEA : un grand entrepôt bleu avec une enseigne jaune. Face aux réticents, ALTAREA, créateur du « Family Village » a développé un argument de choc : l’architecture du magasin doit se fondre dans le paysage de Mougins. Sur le papier, le futur centre commercial séduit. Il semble changer son concept pour s’adapter au défi mouginois. La réponse de l’ADCV est ferme : « peut mieux faire. C’est de la communication, du théâtre. C’est de l’ordre de la séduction et ça compte pour du beurre ».

L'implantation en plein coeur du centre ville pose un réel problème écologique : la pollution atmosphérique. L’association ne se montre pas hostile à tous projets de réhabilitation du site de la ZAC St-Martin : « le terrain est de tout de façon industriel, c’est pour cela que nous ne sommes pas contre l’implantation d’un autre complexe ». Elle même en a déjà proposé sept, dont un village artisanal, des logements sociaux, un centre culturel ou encore un lycée hôtelier de type « Kyoto » (énergie solaire etc.). Tous refusés.

Une ville verte

André Aschieri, maire de Mouans-Sartoux, se bat pour faire de sa commune un village « vert » : cimetières paysagers, école verte, tout est conçu pour préserver l’harmonie. « Des gens vont venir tout gâcher au nom du profit », s’inquiète la responsable de l’ADNEF. L’écologie semble une bataille perdue d’avance. « En ce qui concerne le travail que l’on fait pour l’environnement, nous sommes découragés » poursuit Mme Gaillard. Quel poids donner à des associations quand une « guerre » plus souterraine, d'ordre politique, mène la danse ? Même au niveau environnemental, langue de bois et désinformation vont bon train. Quand les opposants au projet annoncent dix mille véhicules quotidiennement et trente mille en période des soldes, les partisans se veulent rassurants : pas plus de trois mille véhicules ne se déplaceront par jour. Les arguments concernant l’écologie ne pèsent guère dans une bataille qui reste éminemment politique. Ce n’est pas la goutte d’eau qui fera déborder le vase.

CHARLOTTE ARRIGONI

EMMANUELLE ARNAU

FLORIANE BLÉAS

 

 

 

 

Bleu, jaune ... et vert ?

 

 

Dans l'esprit de sa politique écologique ambitieuse, la firme IKEA se décrit comme une société

 

responsable utilisant ses  ressources « avec sagesse ». Dans l’imaginaire collectif, IKEA jouit d’une image « écolo ». Elle n’utilise pas le bois de forêts préservées, imprime ses catalogues sur « du papier blanchi sans chlore » contenant « au moins 10 à 15% de matériaux recyclés », un catalogue plus diffusé que la Bible. Ikéa propose aussi en caisse des sacs biodégradables.

Les racines suédoises de la multinationale contribuent probablement à cette vision d’une entreprise citoyenne modèle. Pourtant, que penser d’une firme qui dit se sentir concernée au plus haut point par la question environnementale et qui incite par ailleurs à la surconsommation ? IKEA, c’est ça : acheter, apprécier et jeter. Puis, de nouveau acheter (chez IKEA de préférence), le tout si possible en un temps réduit. En offrant la possibilité aux familles de changer leurs intérieurs à volonté et surtout à petits prix, IKEA s’impose comme le modèle dominant de la société de consommation : on n'en ressort jamais les mains vides !

Poudre aux yeux

Miser sur le développement durable est aujourd’hui une réalité économique. IKEA l’a compris en 1981. Eclaboussée par un scandale, ses ventes ont chuté de 20% au Danemark. Une enquête avait mis à jour une « présence importante de substances toxiques et polluantes » (*) dans la production de certains produits provoquant des allergies diverses : irritations des yeux, eczéma, urticaire, etc.

Depuis cet incident, la firme mise sur l’environnement : en 2000, elle a édité un catalogue, l’IWAY. Celui-ci présente l'engagement d'IKEA sur l’environnement et sur les conditions de travail de l'entreprise. Elle s’associe fréquemment à des projets avec des associations reconnues telles que l’UNICEF ou WWF. De la poudre aux yeux ? Difficile à vérifier. La politique environnementale  d’IKEA est à prendre avec des pincettes. En bois bien sûr.

 

FLORIANE BLÉAS

(*) Voir O. Bailly, D. Lambert et J.-M.

Caudron, IKEA : un modèle à démonter,

éditions Luc Pire, 2006, Bruxelles.

 

Infos

Médiathèque de Mouans-Sartoux

15 décembre, 18h, conférence

animée par Denis Lambert autour

de son livre IKEA : un modèle à

démonter. Gratuit.

 Un marketing "naturel" ?

  Photo montage F.B

 


 

Site archéologique ?

Le site d’IKEA pourrait abriter un patrimoine historique. C'est en tout cas ce qu'affirme le dossier de presse des opposants au projet. Il y a 19 ans déjà, le directeur des antiquités du ministère de la culture,

Jean Guyon, aurait écrit au maire de Mougins : « un important site archéologique romain et médiéval est présent au lieu-dit Château Currault. Tout doit être mis en oeuvre pour assurer la protection du patrimoine enfoui ». Dans une lettre adressée au président du groupe Altarea, André Aschieri, enfonce le clou : « le château de Currault lui-même est un témoignage rare de l’architecture du XVIIème siècle et doit être protégé ». Si cette information est exacte, elle pourrait jouer un rôle non négligeable dans la bataille.          

                                                                                                                                                 C. A. & E. A. 

 

 

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