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Dossier IKEA : Le phénomène de société

Par IUT :: 13/11/2006 à 23:55 :: IKEA

 

Tous séduit par IKEA ?

 

 

Une housse style années soixante-dix recouvre le lit circulaire. Dessus, la peluche Famning

 

en forme de cœur reste dans l’ombre : le soleil ne traverse pas les rideaux opaques beiges. Seules de nombreuses bougies multicolores skänt éclairent la pièce. Elles permettent d’apercevoir le tapis aux motifs psychédéliques. Sa forme sinueuse nous mène jusqu’au bureau en bouleau Vika Amo, à 29.50 euros monté sur des pieds Vika Curry à 2.50 euros pièce.Bienvenue chez IKEA !

Véritable phénomène de société, cette chaîne révolutionne le marché de l’ameublement depuis une quinzaine d’années. Le meuble devient un produit éphémère et adaptable. Selon Nicolas Herpin, sociologue à l’Insee, « les consommateurs anticipent leur lassitude alors qu’avant les meubles faisaient partie du patrimoine familial. La longévité du produit change ». La combinaison esthétique et économique favorise cette frénésie d’achat. Pas de bas de gamme pour autant : les produits sont solides et bien étudiés.

Shopping choisi ou mode subie ?

Renaud Tarlé, titulaire d’un DESS en sociologie du travail, attribue cette facilité de consommer à un désir mimétique. « Nous sommes dans un monde social où tout est déjà constitué. Pour l’intégrer, on imite. On ne désire pas l’objet dans son absolu. On veut le posséder. »

IKEA s’infiltre partout, même à l’écran. D’abord au cinéma avec « Fight Club » où le héros se déclare ouvertement « IKEA addict ». A la télévison ensuite, dans les reality-shows (Loft Story) et les émissions de décorations (D&co).

Le géant suédois fait partie intégrante du paysage commercial sans en détenir l’exclusivité. « Je ne vais pas forcément là-bas car les produits sont un peu standardisés », explique Tamara, étudiante et cliente d'IKEA. L’acheteur n’est pas passif. Il compose son intérieur en se fournissant dans différents magasins.

Chez IKEA bien sûr…mais pas seulement.

ESTELLE ORSOLIN

TIPHAINE RUPPERT

 

Folies d'achats dans les magasins IKEA.

Photo D.R

 


 

Routine chamboulée

 

 

IKEA est le troisième marchand de meubles français : avec 30.6 millions de visiteurs en

 

 France en 2005, soit plus de la moitié de la population de notre pays. Des articles toujours moins chers « qui doivent être considérés comme des produits de consommation » assène Charlotte Metzger, directrice du marketing chez IKEA France.

L'offre répond aux exigences des clients non seulement en matière de prix et de design, mais aussi avec une sécurité et une qualité des produits. IKEA choisit de s'adapter en particulier de ceux qui ont un faible pouvoir d'achat. « Notre positionnement est celui d'un agitateur, nous voulons bousculer les habitudes de l'ameublement » précise la responsable. Pour atteindre un plus large public, l'enseigne étend continuellement sa gamme de style.

 Son projet : une réduction continue des prix. Un autre concept « ikéal » est la « suédisation » de sa clientèle.

Chaque grande surface met en valeur la nourriture suédoise : renne, saumon, hareng... les clients vivent ainsi, le temps d'une visite, à l'heure de la culture scandinave. Une garderie « Smäland » les accueille dans un espace inspiré par la forêt suédoise. IKEA recrée une ambiance de balade familiale où tout est conçu pour permettre au clan de se déplacer le plus agréablement possible dans un espace... avant tout commercial.

ESTELLE ORSOLIN

 

 

  


 

Le discours du terrain

 

 

Salvatore Rinaldo est monteur-meuble chez IKEA Toulouse. Il remplit également le rôle de délégué

 

syndical CFDT. Malgrè son discours humaniste, Ikéa est une entreprise qui recherche le profit...

 

Les salariés d'IKEA ressentent-ils les valeurs prônées par l'enseigne ?

Il y a une forte culture d'entreprise chez IKEA. Il existe même des commandements. Entre autres la détermination, la simplicité et aussi le militantisme.

 

On constate cependant qu'il y a peu de syndiqués chez IKEA ?

Les personnes syndiquées sont mal vues par la direction qui préfère les « sans-étiquettes ». Je suis à Toulouse et, sur six mille personnes, seules deux cents sont syndiquées. On bénéficie normalement d'un droit à l'écoute, mais il vaut mieux ne pas parler trop fort.

 

IKEA semble avoir voulu instaurer un rapport d'équité entre les différents « collaborateurs ». Est-ce une réalité ?

Au niveau national un dialogue s'est instauré. En interne, c'est moins le cas, mais en interne très peu. On ne voit jamais le P.-d.G. On rencontre souvent la direction des ressources humaines pour les différentes négociations. La redistribution des gains n'est pas très équilibrée. On perd nos acquis sociaux un par un, même si on n'est pas mal non plus. On est passé de 13 mois et demi de salaire à 13 mois. IKEA revendiquait sa primauté pour les 35 heures. Quand la loi Aubry II est passée, on travaillait environ 33 heures pour un salaire de 35 heures. Aujourd'hui, à Toulouse, on en travaille 33 pour une paye de 33. Il y a un gros manque à gagner.

PROPOS RECUEILLIS PAR TIPHAINE RUPPERT

 

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