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Dossier IKEA : Au coeur de la politique

Par IUT :: 13/11/2006 à 23:36 :: IKEA

 

 

Du rififi entre mairies…

 

 

 

Plus qu’une simple « guerre de clochers », le projet d’installation d’IKEA traduit une

 

opposition forte entre deux municipalités, deux philosophies, deux maires. Entre André Aschiéri (Verts) à Mouans-Sartoux et Richard Galy (UMP) à Mougins, le combat est lancé. Serge Rodriguez et Christophe Ulivieri, directeurs de cabinet des deux maires, défendent chacun leur position sur un dossier qui divise... dans tous les domaines.

 

Meltin’Post : Existe-t-il un risque d’asphyxie urbaine ? Estimez-vous que l’implantation d’IKEA va nuire à la qualité de vie des riverains ?

Serge Rodriguez : IKEA est un OVNI dans le cocon Mouans- Sartoux. Le projet « Family Village » est situé à moins de cinq cents mètres de notre centreville, à cinq kilomètres de celui de Mougins. C’est un grave problème d’aménagement du territoire ! Une zone d’activité commerciale de cette ampleur correspond à deux à trois millions de clients par an. Ici, les études ont été réalisées sans l’avis d’Escota et du conseil général, qui gèrent les routes du département. La réhabilitation serait trop importante. C’est physiquement impossible !

Christophe Ulivieri : En l’état actuel des routes, le projet ne peut pas s’implanter. Cependant le conseil général est d’accord. Mais il préconise certains travaux simples à réaliser. Il suffit de construire un échangeur avec entrée et sortie directement sur IKEA, d’agrandir les ronds points et les routes et d’édifier des murs anti-bruit. En outre, le magasin n’ouvrira qu’à 10h et fermera à 20h. Il ne devrait donc pas gêner les riverains actifs et les transports scolaires.

 

M.P : Compte tenu de l’importance de la taxe professionnelle, la motivation de Mougins estelle financière ?

C.U : Le terrain n’appartient pas en totalité à la mairie mais à une société d’économie mixte qui l’a revendu beaucoup plus cher. Mais cela ne nous regarde pas... A Mougins, les revenus de la taxe professionnelle sont en train de baisser. IKEA rapporterait deux à trois cent mille euros par an. On a besoin de cet argent !

S.R : D’autres commerces peuvent rapporter davantage. Ce ne sont pas les bâtiments qui sont le plus taxés, mais les machines. Or IKEA en utilise très peu. Une imprimerie ou des bureaux leur rapporteraient beaucoup plus. Par ailleurs, la ville de Mougins a vendu son terrain 130€/m², c’est- à- dire au même prix qu’elle l’avait acheté. On ne comprend pas…

 

 

Christophe Ulivieri : « On a besoin de cet argent ! »

 

 

M.P : Combien d’emplois seraient-ils créés avec l’aboutissement de ce projet ? Et combien de perdus ?

S.R : Il y a cinq cents emplois annoncés… sûrement autant de perdus. La firme suédoise n’est pas la seule solution pour faire naître des emplois. Nous ne sommes pas contre la création de bureaux ou d’entreprises non polluantes. Il n’y a pas que l’activité commerciale qui soit bénéfique !

C.U : Cinq cents nouveaux postes ne correspondent pas à mille cinq- cents supprimés. Si c’était le cas, il ne faudrait plus créer d’emplois en France. Les commerces du centre-ville n’auront pas de concurrents dans le projet « Family Village ». 90% des magasins de ce projet n’existent pas dans cette zone.

 

M.P : Beaucoup de chiffres et d’arguments contradictoires ont circulé ces derniers temps. Qui a raison et quels sont les vrais chiffres ?

S.R : Les chiffres publiés par la mairie de Mougins sont un tissu d’âneries. Le ton est ignoble. Vous vous rendez compte ! Ils annoncent deux à cinq mille voitures de plus par jour entrant dans Mouans-Sartoux. Selon notre étude, réalisée en 2003 avant même la naissance de ce projet, ce seraient dix mille de plus ! Le conseil général a diffusé les mêmes chiffres. A vous de juger...

C.U : Il y a plusieurs façons d’interpréter les chiffres. Quand André Aschiéri parle de dix mille véhicules par jour, il compte les entrées et les sorties. Ce qui ramène à notre chiffre de cinq mille.

 

M.P : Où en sont les relations entre les mairies de Mouans-Sartoux et Mougins ? Est-ce le début d’une rivalité ?

S.R : Le pire n'est jamais sûr… mais nos relations se sont énormément dégradées. Mougins est une commune riche, elle n'a pas besoin d'IKEA. Tout ce qu'elle ne veut pas dans son centre ville, elle le place à sa périphérie. Dans cette affaire, nous sommes les premiers concernés ! En 1994, nous avions signé un accord avec Mougins pour supprimer ce genre de projet. Ils ne l’ont pas respecté.

C.U : Nous n'avons jamais eu de très bonnes relations. En 2005, A. Aschiéri nous a refusé l'entrée dans la communauté d'agglomération dont il est le président. En  politique, on n'existe que dans le « non ». On ne parle jamais de ceux qui sont « pour ». Il considère Mougins comme un poids contre lui, qui ferait un peu trop d'ombre à son cher village.

        PROPOS RECUEILLIS PAR FRED PILARD ET DAMIEN ALLEMAND

  

 

Christophe Uliviéri (à gauche) face à Serge Rodriguez : "Nos étiquettes politiques ne sont pas la cause de ce conflit."

Photos D.A

 


 

IKEA, un enjeu électoral ?

 

 

L’équation paraît logique. André Aschieri est maire de Mouans-Sartoux depuis trente ans.

 

Il est très populaire dans sa commune et n'a pas de réelle opposition. Richard Galy, son « meilleur ennemi » de Mougins, est quant à lui maire d'une ville historiquement à droite. Médecin à plein temps, il ne souhaite pas changer sa situation actuelle. Pour les deux hommes, pas de soucis à se faire pour les prochaines municipales.

La donne n'est pas la même lorsqu'on parle des législatives de 2007.

 De 1997 à 2002, AndréAschieri a été député de la 9e circonscription des Alpes-Maritimes, seule exception à l'emprise de la droite dans le département. Battu ensuite par Michèle Tabarot (UMP), maire du Cannet, il veut prendre sa revanche. Se qualifiant lui-même « d'écologiste, humaniste, citoyen », sa personnalité et ses idées politiques restent cependant entourées d’un certain flou. Cest la principale raison de son échec en 2002.

Un coup médiatique ?

Aujourd'hui, l'ex-député revient sur le devant de la scène grâce au dossier IKEA. « Depuis le début, il occupe d'une main de maître la scène médiatique. Il utilisera cette affaire pour que l'on parle de lui jusqu'aux élections avec chaque mois un nouveau rebondissement. Après les législatives, on entendra plus parler d'Ikéa », confie Christophe Ulivieri, directeur de cabinet de Richard Galy. Du côté de la municipalité mouansoise, on se défend de toute ambition politique à plus haute échelle. « André Aschieri est maire d'une commune qu'il aime. Il est aussi conseiller régional. Le poste de député, qu'il a déjà connu, ne l'intéresse plus », réplique Serge Rodriguez, son directeur de cabinet.

En attendant le « sauveur »

Le dossier IKEA est une poule aux oeufs d'or pour les hommes politiques. A l'instar de Michèle Tabarot (voir article ci-dessous), tout le monde s'exprime tous azimuts sur ce sujet, donne son avis, mais ne propose pas de solutions alternatives concrètes. Celui ou celle qui saura le mieux gérer le problème IKEA se positionnera sans doute comme le favori des législatives en juin 2007

F. P & D.A

 


 

La médiation tombe à l’eau

 

 

Après près d'un an de conflits, aucune entente ne semble envisageable entre Mouans-Sartoux

 

 et Mougins. Les deux partis campent sur leurs positions et rivalisent de stratagèmes juridiques pour piéger l'autre (voir article ci-dessous). C'est dans ce contexte pour le moins tendu que Michèle Tabarot, député-maire UMP du Cannet, a proposé sa médiation, le jeudi 2 novembre. « Je souhaite, pour ce projet, concilier le développement économique et la création d'emplois, sans pour autant remettre en cause la qualité de vie des habitants ».

A cette occasion, tous les maires et conseillers généraux de la circonscription auraient dû débattre du « dossier IKEA ». Prévue vendredi 10 novembre, cette concertation a finalement été annulée, annonce Christophe Ulivieri, directeur de cabinet de Richard Galy. Avant de prendre la moindre décision, la mairie de Mougins souhaite attendre le compte-rendu de l'enquête publique du tribunal administratif.

Une décision inattendue

L'initiative soudaine de M. Tabarot a été une surprise pour la plupart des communes concernées, dont Mouans-Sartoux. Serge Rodriguez, directeur de cabinet du maire André Aschiéri (Verts), juge l'action « pour le moins tardive ». La date du 10 novembre a été fixée, il y a quelques jours seulement, par Michèle Tabarot. Du côté de Mougins, on dénonce un manque de coordination avec les mairies.

A quelques mois des élections législatives, l'initiative de la député-maire peut apparaître comme une volonté de réunir les élus locaux derrière elle, dont André Aschiéri. Ancien député de 1997 à 2002, le virulent maire de Mouans-Sartoux fut son plus grand rival aux dernières législatives. Il pourrait bien l'être de nouveau l'année prochaine.

F. P.

 


 

Mougins contre-attaque

 

 

« Ridicule ! ». Telle est la première réaction de la municipalité mouansoise.

 

Le dernier rebondissement dans ce bras de fer interminable à propos du projet d'implantation d'Ikéa dans la zone d’aménagement concertée (ZAC) Saint-Martin est pour le moins inattendu.

Le maire de Mougins a déposé une plainte avec constitution partie civile contre la commune de Mouans-Sartoux pour « entrave à la circulation » et « abus d'autorité dirigeante ». Principale pierre d'achoppement : la simulation de bouchons autour du site du futur IKEA le samedi 23 septembre dernier. Al’appel d’André Aschieri, près de trois cents voitures ont pendant plus d'une heure provoqué de graves embouteillages.

Un cas unique

Une chose est sûre : la mairie de Mougins n'a pas apprécié. « Ils ont paralysé notre commune ! » explique Christophe Uliveri, directeur de cabinet. Sur le fond comme sur la forme, cette manifestation dérange. « L'appel à manifester a été diffusé dans un journal municipal, financé par les Mouansois. On ne peut pas accepter qu’une institution comme une mairie puisse créer un désordre public ! De plus, ce rassemblement n'a pas été déclaré à la préfecture, qui aurait pu arranger la circulation. C'est complètement illégal ! », rajoute le Mouginois.

Sûre de son droit et de sa bonne foi, la mairie de Mouans-Sartoux reste dans l'attente. « Le droit de manifester est un droit constitutionnel. Nous restons zen », précise, sourire aux lèvres, Serge Rodriguez, directeur de cabinet d'André Aschieri. Le caractère invraisemblable de la situation joue en sa faveur. Une commune qui porte plainte contre une autre commune est, selon lui, « une première ».

D.A.

 

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